Quand la plupart des gens pensent à la South by Southwest Conference (SXSW), ce qui leur vient généralement à l’esprit, c’est des BBQ, de la musique et encore des BBQ. Bien qu’il y ait une bonne part de vérité là-dedans (mes symptômes de scorbut en témoignent), il y a un important volet interactivité qui affiche une liste exceptionnelle d’orateurs et de spécialistes, ainsi qu’environ 30 000 participants.
En tant que rédacteur en chef du blogue et gestionnaire de la communauté en ligne de CBC Radio 3, j’ai visité le volet interactivité de la SXSW de cette année avec le directeur de CBC Radio 3, Steve Pratt. Même si Radio 3 nous semble un projet avant-gardiste, on a eu très vite l’impression d’être l’un des primates du film 2001 : l’odyssée de l’espace se trouvant devant le monolithe pour la première fois. Il y a tellement de choses qui se passent dans le secteur de l’interactivité pour ce qui est de la création, de la distribution et de la consommation des médias, qu’il était impossible de tout voir.
Paralysés devant le choix à faire parmi les centaines de séances offertes, nous nous sommes séparés en tentant d’assister à autant de causeries que possible, en nous concentrant sur les sujets directement applicables à notre travail et en accumulant le plus possible d’éléments se rapportant à l’information et à la télédiffusion.
Voici un premier de deux billets qui résument quelques-unes des meilleures séances auxquelles nous avons pu assister.
Remettre le public dans la radiodiffusion publique
Les réseaux NPR et PBS ont montré les mesures qu’ils ont prises pour collaborer avec leurs auditoires afin d’organiser des non-conférences (en anglais « un-conferences »), un terme utilisé pour désigner des conférences dont les moteurs sont les participants plutôt que les organisateurs. Ces non-conférences, aussi appelées camps des médias publics (en anglais « Pubcamps »), font appel à des technophiles et à des journalistes citoyens pour collaborer à divers projets. Elles portent sur des sujets comme le développement de logiciels de distribution de contenu qu’ils ne seraient pas en mesure de monter par eux-mêmes, le recyclage de contenu comme matériel d’enseignement supérieur et la mobilisation des collectivités mal desservies.
Stratégie d’engagement communautaire : débat rationnel ou chaotique?
Malgré la participation largement publicisée de personnalités provenant de quelques-uns des plus grands sites d’engagement communautaire (Fark et Reddit), ce panel n’avait pas grand-chose à dire sur la façon dont les médias traditionnels gèrent leurs communautés en ligne. Les participants ont convenu que ce n’était pas une bonne idée d’interdire les commentaires pendant un débat houleux, en précisant que la conversation se déplace simplement ailleurs, ce qui n’aide aucunement à résoudre les enjeux. Ils ont également trouvé curieux que des journalistes, ou tout au moins des modérateurs, prennent rarement part aux discussions qui suivent, car cela permettrait à l’organisation médiatique d’inspirer davantage le respect, favoriserait une participation communautaire plus active ainsi qu’une discussion plus polie. En ce qui concerne l’anonymat, on n’en est pas arrivé à une réponse claire. Quand les gens utilisent leurs vrais noms, ils sont généralement plus polis, mais on craint que les participants ne se censurent par peur des répercussions dans le monde réel.
La semaine prochaine, deuxième billet avec des sommaires sur l’ouverture radicale (distribution gratuite des publications des conférences TED) et sur l’amour, la musique et les API.
- John Paolozzi, réalisateur web, CBC Radio 3


