Leçons tirées de PBI, conférence mondiale des radiodiffuseurs publics

image

Du 14 au 16 septembre, CBC/Radio-Canada a reçu plus de 60 radiodiffuseurs publics de partout dans le monde pour la conférence annuelle de Public Broadcasters International (PBI). Cette année, c’est à Montréal qu’a eu lieu l’événement avec pour thème « Conquérir le FUTUR : créer des liens entre la génération du numérique et les diffuseurs publics ». Maxime St-Pierre et moi étions invités à y prononcer une allocution, que vous pouvez regarder ici. Voici nos principales observations sur la conférence dans son ensemble :

Les millénaires sont toujours des extraterrestres

Richard Kanee, chef du Numérique, CBC

Richard Kanee, chef du Numérique, CBC

Les participants utilisaient souvent l’expression « les jeunes » pour désigner les millénaires. Ils semblaient ignorer que bon nombre d’entre eux sont maintenant dans la trentaine, et ont une carrière et des enfants. À 30 ans, je n’estimais plus faire partie de la jeune génération. Je crois que nous avons encore du travail à faire pour intégrer les citoyens de ce groupe d’âge à notre culture interne et à nos auditoires.

Authenticité
Ce fut le mot le plus prononcé par tous les conférenciers, et de loin. Vice, YouTube, Wattpad et bien d’autres affirment que le plus important pour interpeller les millénaires, c’est de leur parler avec authenticité. Je crois qu’en fait, ils nous disent que les internautes qui consomment des contenus en ligne estiment qu’ils sont sur un pied d’égalité avec les créateurs de ces contenus. Notre manière de créer et de diffuser nos contenus et d’engager la conversation avec la population devrait refléter cette nouvelle relation aplanie dans laquelle les auditoires sont constitués d’amis plutôt que de cibles.

Objectif : les millénaires
Nous avons beaucoup entendu dire qu’une bonne façon d’attirer les millénaires serait de créer des unités autonomes soustraites à l’influence de l’organisation. Nous avons des exemples de cette approche à CBC/Radio-Canada, notamment l’Accélérateur d’idées, le réseau de créateurs CBC | Fullscreen

(site en anglais seulement) et le projet Prochaine génération annoncé à PBI. On a cependant moins discuté du devoir – plus difficile, mais nécessaire – de transformer notre entreprise dans son ensemble pour passer du statut de radiodiffuseur public à celui d’entreprise publique de médias, qui privilégie autant le numérique que la télévision et la radio.

Cette aventure complexe prend parfois des proportions vertigineuses, mais les efforts de CBC/Radio-Canada portent déjà leurs fruits : deux millions de Canadiens se sont ajoutés à nos auditoires mensuels en ligne. Les efforts déployés pour transformer fondamentalement nos façons de travailler et ce sur quoi nous travaillons permettront à CBC/Radio-Canada d’étendre sa portée et d’affirmer encore davantage sa position de chef de file au Canada.

Eux ou nous
Le dilemme entre investir dans nos propres sites et produits numériques d’une part et exploiter d’autres plateformes comme Facebook ou Google d’autre part a été un thème incontournable de la semaine, et ce, dès la première discussion en groupe. La stratégie de CBC/Radio-Canada se situe quelque part entre les deux. Pour attirer de nouveaux auditoires, nous devons activement aller vers eux tout en investissant dans des produits de marque qui suscitent l’intérêt d’une certaine partie de la population pour nos contenus, notre marque et notre expérience.

Priorité aux contenus, non pas aux produits
Les stratégies et les approches appliquées aux produits numériques n’ont pas été abordées de la semaine. Nous avons toujours été d’abord et avant tout des entreprises axées sur les contenus, qui d’ailleurs demeurent, en règle générale, notre priorité. À CBC/Radio-Canada, notre approche comprend le développement d’excellents produits qui répondent aux besoins de nos auditoires, ainsi que la création d’un environnement idéal où les Canadiens peuvent découvrir nos contenus et y réagir.

Les sites web d’éditeurs de contenu en ligne n’ont pas beaucoup changé en une dizaine d’années, alors que des plateformes comme Facebook sont dominantes sur le plan des échanges avec nos auditoires et relèguent ainsi les éditeurs au rang de fournisseurs de contenus. Aujourd’hui, 16 millions de Canadiens consomment nos contenus en ligne tous les mois; nous arrivons au 9e rang au pays à ce chapitre. Par contre, nous sommes largement tributaires de Google et de Facebook pour entrer en contact avec ces internautes. En investissant, nous augmenterons l’attrait qu’exercent nos produits sur nos auditoires et pourrons poursuivre notre croissance sans nous soucier d’éventuels changements apportés aux produits de nos partenaires.

Passion
Des États insulaires du Pacifique à PBS, en passant par la BBC, tous les participants partagent une même passion pour la cause du service public. La présentation sur le projet Robocon de NHK était particulièrement inspirante à cet égard : le radiodiffuseur japonais a présenté une étude de cas sur ce concours international de robotique télédiffusé. L’émission a enregistré d’impressionnantes cotes d’écoute, et dans les 18 pays participants, les inscriptions dans les écoles de génie ont augmenté après la diffusion. Voilà une initiative de service public absolument inspirante!

– Richard Kanee, chef du Numérique, CBC

Ce contenu a été publié dans Technologie, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire