Notre groupe, Little City, est en train de vivre une période très excitante. C’est dû en grande partie au fait qu’on vient d’être ajouté à la rotation régulière de CBC Radio 3. Tous les artistes de la scène musicale indépendante canadienne espèrent passer sur R3. Plus que tous les autres médias, cette radio a clairement le mandat d’aider la scène indépendante au pays.
Ce n’est pas facile pour les groupes
indépendants au Canada. Je ne pense pas me tromper en disant que, toutes proportions gardées, la scène musicale d’ici est la plus diversifiée, la plus solide, mais aussi la plus concurrentielle au monde. Chaque fois qu’un artiste d’ici réussit sur la scène internationale, c’est notre identité canadienne qui s’en trouve renforcée.
Même si de plus en plus d’outils de diffusion ont été créés récemment, les groupes sans contrat et non représentés sont peu nombreux à pouvoir bénéficier d’une grande visibilité au pays. Les radios universitaires ont depuis toujours été une bonne façon de se faire connaître, mais ce soutien est saisonnier et varie d’une ville à l’autre, d’un spectacle à un autre. Les magazines culturels hebdomadaires et mensuels, locaux et nationaux, comme Exclaim! et Now Magazine, ont toujours encouragé la diffusion de la musique de qualité, mais avec l’arrivée d’Internet et le fait que de plus en plus de gens découvrent la musique par eux-mêmes (sans compter que, même s’ils ont de la difficulté à rédiger une phrase complète, ils vont écrire sur le sujet), le marché de la presse écrite a beaucoup souffert du départ des annonceurs vers d’autres médias.
Je crois tout de même que la presse de qualité qui s’intéresse à la musique va reprendre le dessus, mais pendant qu’elle adapte son modèle de revenus, CBC demeure sans conteste la référence en matière de succès pour les musiciens indépendants au pays. Passer en rotation régulière aide à se faire connaître et à élargir son public. La présence sur la balado ou sur le palmarès de R3 permet d’avoir accès à de nombreux nouveaux auditeurs. Les amateurs de musique de partout au pays écoutent CBC. Ce n’est donc pas une surprise si les spectacles présentés par R3 aux festivals Canadian Music Week et NXNE sont les plus populaires.
Je ne prétendrai pas que les maisons de disques se bousculent à notre porte pour signer avec Little City, même si ce n’est pas ce que nous recherchons. Cela nous plaît de ne pas être sous contrat et de pouvoir sortir nous-mêmes nos disques. Cela fait partie de la philosophie punk que de pouvoir garder un certain contrôle et une certaine souplesse dans notre façon de faire. Aussi, s’il y a une chose que j’ai apprise de mes amis qui ont déjà joué dans des groupes sous contrat avec de grandes étiquettes, c’est que si vous n’avez pas déjà une base solide pour vous appuyer, la maison de disques n’attendra pas que vous vous en construisiez une.
Les musiciens indépendants ont besoin de quelqu’un pour les représenter et pour faire connaître leur musique. CBC a prouvé qu’elle était la mieux placée pour nous représenter partout au Canada.
- Shaun Axani, membre du groupe Little City


