J’ai eu le grand plaisir et l’honneur d’animer l’événement « Petit déjeuner réseautage Ère 21 pour les jeunes » au restaurant de la colline du Parlement. Organisé par la sénatrice Vivienne Poy et ses collaborateurs, ce petit déjeuner s’inscrivait dans le cadre des célébrations de la diversité du Mois du patrimoine asiatique et du Mois de l’histoire des Noirs. Plus de 100 étudiants d’établissements secondaires d’Ottawa et quelques-uns de leurs professeurs ont répondu présents. Au cours de ce rendez-vous annuel, des jeunes pleins d’avenir de la région de la Capitale nationale se rencontrent afin de discuter du vaste éventail de possibilités de carrières qui s’offrent à eux, de la manière dont ils peuvent surmonter les défis et réaliser leurs objectifs. Cette année, de jeunes professionnels véritablement inspirants ont fait part de leur expérience et de leurs encouragements à un parterre d’adolescents ravis. Les étudiants étaient captivés. Il fallait voir leurs visages déjà souriants s’éclairer encore plus pendant ces discussions stimulantes et encourageantes.

Photo: Wayne Duford
Tout a commencé par un mot de bienvenue de la sénatrice Poy et par quelques remarques et renseignements sur l’événement, de la bouche de Michael Harrison, président de la Société du Mois du patrimoine asiatique d’Ottawa et de June Girvan du Centre éducatif J’Nikira Dinqinesh. Ensuite, le kayakiste John Hastings a évoqué ses rêves olympiques. Puis on est passé à la discussion de groupe, que j’ai eu la chance d’animer. Les organisateurs avaient choisi trois jeunes gens brillants, aux parcours tout à fait uniques, qui ont parlé de leur expérience et donné des conseils aux jeunes : Jeff Copenace, Phil Nguyen et Rathika Sitsabaeisan.
La poétesse Jenna Tenn-Yuk, figure du spoken word, a lancé la discussion en récitant un poème évocateur sur ses origines jamaïcaines et asiatiques. Puis est venu le tour de Jeff. Anishinabe, originaire du Nord de l’Ontario, il est actuellement premier analyste politique pour l’Assemblée des Premières Nations. À peine âgé de plus de trente ans, Jeff est déjà un vieux routard de la politique provinciale et fédérale. Il a présenté quelques statistiques coups de poing sur la réalité des défis que vivent les Premières Nations, mais a aussi fait passer un message d’espoir en parlant de la nécessité de rendre hommage aux anciens et de travailler main dans la main pour aller de l’avant. Il a répété que les étudiants ne sont pas juste les leaders de demain, ils sont des acteurs clés de la réalité d’aujourd’hui. Ce point de vue original a vraiment fait l’unanimité dans le public.
Ensuite, Phil Nguyen, « Master Phil » comme il aime qu’on l’appelle, a parlé des bienfaits d’une vie saine et du rôle qu’elle peut jouer dans la réussite de quelqu’un. Ceinture noire septième dan de taekwondo, Phil Nguyen dirige l’académie d’arts martiaux Black Belt Excellence Martial et est aussi un conférencier spécialiste de la motivation. Dans l’un de ses messages, qui a vraiment trouvé un écho auprès des jeunes, il a parlé de la nécessité de s’améliorer d’au moins un pour cent par jour. Il a ensuite fait monter quelques étudiants sur l’estrade pour leur montrer comment casser des planches d’une seule main et se défendre à coups de pied. Peu de gens s’attendaient à cette séance de défoulement!
Enfin, la députée Rathika Sitsabaeisan a parlé de son parcours, depuis son enfance au Sri Lanka jusqu’aux sphères de la politique fédérale au Canada. Députée du Nouveau Parti démocratique de la circonscription de Scarborough-Rouge River, elle a surmonté bien des obstacles qui se dressaient devant elle en tant que jeune femme de couleur pour occuper son poste actuel de présidente adjointe du caucus fédéral du NPD. Rathika a à cœur de préserver sa langue et sa culture tamoules ici au Canada, et sa carrière politique déjà remarquable a fait réagir l’auditoire, qui avait une foule de questions à lui poser sur la manière de débuter en politique.
Quelle bouffée d’air frais et quel modèle à suivre, ces jeunes de notre communauté dotés de si grandes ambitions! D’où qu’ils viennent, ils représentent l’élan et le mouvement qui peuvent faire de notre communauté et de notre pays un endroit formidable. En réseautant avec leurs pairs d’autres écoles et communautés, ils sont toujours au courant des possibilités et des occasions qui s’offrent à eux. J’ai grandi dans une petite communauté ojibwée de la baie Georgienne et j’ai souvent eu du mal à comprendre le monde qui m’entourait et à savoir où était ma place. Heureusement, j’ai découvert dans le journalisme l’art de raconter des histoires et j’ai pu parcourir le monde très tôt. Aujourd’hui, nos jeunes sont encore plus liés qu’avant au sein de la communauté grâce à des initiatives comme celle-ci. Ces jeunes sont nos leaders, et avec l’ambition et la connaissance qui sont déjà les leurs, notre avenir s’annonce des plus souriants.
– Waubgeshig Rice, vidéojournaliste, CBC/Radio-Canada


