Un vieux médium qui ne fait pas son âge

Mitchell Cohen est étudiant à la maîtrise en journalisme de l’Université Ryerson. Il a été stagiaire à CBC Radio l’été dernier, une expérience qu’il a relatée dans son article How to get rich at unpaid internships, un texte qui a fait le tour du web. Mitchell se passionne tout particulièrement pour le journalisme scientifique, le futurisme et le bon café. Vous pouvez le suivre sur TwitterNous avons demandé à Mitchell d’être notre blogueur invité à l’occasion de notre assemblée publique annuelle de cette année. 

Matt Galloway, Rebecca Makonnen, Steve Patterson, Anna Maria Tremonti, Jean-Sébastien Benartchez

L’assemblée publique annuelle de cette année a été l’occasion de souligner les soixante-quinze ans de la radiodiffusion de qualité à CBC/Radio-Canada. D’une certaine façon, cet événement avait des allures de procès pour la radio et nous étions les juges.

Nos cinq panélistes émérites, tous des animateurs possédant une longue feuille de route en radio, devaient répondre à une question en apparence très simple : dans quelle mesure la technologie change la conversation? Par moment, l’avenir même de ce médium semblait dépendre de la réponse.

En tant qu’étudiant en journalisme, je sympathise avec Rebecca Makonnen, d’Espace musique. Elle nous a raconté comment elle était arrivée à la radio presque par accident, après des années à penser que ce médium était ennuyant et dépassé. J’ai moi-même eu une relation tortueuse et changeante avec la radio. J’écoute régulièrement des balados, dont plusieurs de CBC. J’ai même fait un stage à une émission de radio de CBC. Mais je serais incapable de vous dire de but en blanc quelle fréquence syntoniser pour écouter Radio One. J’imagine que c’est la même chose pour la majorité des gens de ma génération.

Pourtant, la situation est meilleure qu’elle en a l’air. Nous n’écoutons peut-être pas tous la radio de la même façon, mais ça ne veut pas dire que nous ne l’écoutons pas du tout.

Prenez Metro Morning, l’émission du matin la plus écoutée à Toronto. Selon Matt Galloway, l’animateur de l’émission, la vraie conversation se passe en fait avant et après l’émission. Les auditeurs écoutent le balado à leur convenance et à leur rythme. Ils communiquent avec Matt et entre eux sur les réseaux sociaux. Ils sont même à l’origine de certains éléments inspirés de l’émission – comme le compte Twitter #MMbike qui permet à tous les cyclistes de contribuer quotidiennement aux bulletins de circulation.

Comme nous l’a rappelé Anna Maria Tremonti, de l’émission The Current, c’est l’aspect humain qui nous fait tant apprécier la radio, encore et toujours. La radio bien faite transcende les distances et les frontières sociales et technologiques. Elle nous captive. La voix familière d’un animateur qu’on apprécie nous donne tout de suite l’impression de participer à la conversation, peu importe d’où elle provient, que ce soit par l’entremise de la petite boîte que nous avons sur notre bureau, dans notre voiture, ou maintenant, dans notre poche.

Peut-être que la radio n’a pas besoin de changer ce qu’elle est : elle a déjà tout ce qui lui faut pour  engager la conversation avec le public et l’inspirer. S’il y a une chose sur laquelle nos panélistes s’entendent, c’est que les technologies de connexion à Internet ne tueront pas la radio – elles l’aideront à se développer.

Mitchell  Cohen, étudiant à la maîtrise en journalisme à Ryerson

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