Quand on écoute Dylan Thomas réciter Un Noël d’enfant au Pays de Galles, on replonge dans l’univers des souvenirs d’enfance, à une période où l’on ressentait, triait et emmagasinait des réactions viscérales à des événements importants comme les fêtes. À mesure que les années passent, certains de nos souvenirs restent intacts, alors que d’autres s’amalgament avec notre histoire personnelle et les éléments déterminants de notre vie. Cela est-il vrai de tous les souvenirs d’enfance que nous avons de ces journées uniques? Et qu’est-ce qui peut raviver ou renouveler ces journées si particulières de notre enfance?
L’Halloween a toujours été l’une de mes fêtes préférées.
Lire au sujet de ses origines, confectionner des costumes ou déambuler dans le village du Nouveau-Brunswick rural où j’ai grandi – dans la noirceur de la nuit et sous les étoiles –, ce sont là des souvenirs impérissables. Lorsque mes enfants étaient encore jeunes, j’ai eu à nouveau l’occasion de revivre cette émotion indirectement. Hélas, maintenant qu’ils ont dépassé l’âge raisonnable pour faire la tournée du voisinage afin de demander des bonbons, je dois me contenter de tenir des propos de circonstance avec les petits bambins.
Cependant, cette année, l’Halloween a été une nouvelle source d’émerveillement. Lorsque deux petits Spidermans sont passés devant notre maison sans s’arrêter, mon mari leur a crié : « Dites donc, pourquoi ne venez-vous pas chez nous? » Ils se sont arrêtés tandis que leur mère nous regardait, manifestement perplexe. Tous trois sont revenus sur leurs pas, mais les deux enfants, Spiderboy et Spidergirl, sont demeurés sur le trottoir, toujours sur leur garde. Leur mère a alors commencé à nous expliquer qu’ils étaient nouveaux au Canada et qu’ils ne comprenaient pas la coutume. On leur avait dit à l’école de se costumer et de se promener dans le voisinage une fois la noirceur venue. De toute évidence, personne ne les avait mis au courant du principe élémentaire de cette fête, qui consiste à quémander des bonbons. Immédiatement, nous leur avons procuré un sac de plastique et nous les avons initiés aux joies de cet événement annuel unique.
Par le passé, nos enfants ont – bien malgré eux – initiés les nouveaux arrivants à la fête de l’Halloween, simplement en cognant à leur porte. Même si les occupants étaient d’abord surpris, ils démontraient néanmoins une sincère bonne volonté en faisant de leur mieux pour trouver quelque chose à donner et participer à la tradition. Cette année, ce fut à notre tour d’être surpris. Merci, petits Spidermans, de nous avoir donné le privilège de vous avoir fait découvrir la fête de l’Halloween. Vous voilà maintenant Canadiens. On ne peut que vous souhaiter de nombreuses autres soirées aussi frissonnantes!
- Wendy Duschenes, Conseillère principale, Affaires institutionnelles, CBC/Radio-Canada


