Les manchettes au musée nous ramènent en 1967 le temps d’une soirée

Où étiez-vous en 1967 alors que la Ville de Montréal était l’hôte de l’exposition universelle dont on parle encore avec admiration aujourd’hui? Plusieurs d’entre vous se sont rendus sur les lieux pour vivre, pendant quelques jours, cette expérience inoubliable tandis que les Montréalais vivaient au rythme de l’Expo. Les plus jeunes en ont pour leur part entendu parler par leurs parents pour qui cette période en était souvent une d’insouciance.

Expo 67 était à l’honneur jeudi dernier lors de la dernière conférence de la série Des manchettes au musée organisée dans le cadre du 75e anniversaire de CBC/Radio-Canada au Musée canadien des civilisations (MCC). Les conférenciers Alan Elder du MCC Simon Durivage de Radio-Canada et Mark Starowicz de CBC ont échangé sur cet événement d’envergure et ont pris un malin plaisir à répondre aux questions du public.

M. Durivage, chef d’antenne à RDI et animateur à Radio-Canada, était guide à Expo 67. Étudiant en science politique à l’époque, il garde de précieux souvenirs des six mois passés sur le site de l’exposition. « Ce fut vraiment un point tournant pour la société québécoise et canadienne. Nous étions capables d’accueillir le monde et ce monde s’ouvrait à nous », a-t-il souligné.

Alan Elder, Simon Durivage et Mark Starowicz

Il a également soulevé le contexte politique particulier du moment qui ateinté l’exposition et le paysage politique du Alan Elder, Simon Durivage et Mark Starowicz Québec et du Canada. « Il y avait une atmosphère festive jusqu’au 24 juillet 1967 lorsque de Gaulle a prononcé son discours avec la célèbre phrase “Vive le Québec libre” au balcon de l’hôtel-de-ville. À partir de ce moment-là, un certain malaise s’est installé », a-t-il ajouté.

M. Starowicz, directeur général, programmation de documentaires, a également parlé de la montée du nationalisme à l’époque. Alors journaliste pour le journal The Gazette, il a eu la chance de rencontrer le général de Gaulle. « Je lui ai dit bienvenue au Canada en anglais. Ces paroles avaient une grande portée politique dans le contexte où nous étions. » Il a ajouté que le désir d’émancipation du Québec a contribué à celui du reste du Canada.

Bien sûr Expo 67 n’était pas qu’une arène politique. Les conférenciers ont parlé de l’ampleur du projet de construction de l’île Sainte-Hélène grâce à la terre fournie par la construction du métro l’année précédente. Il a été aussi question des pavillons de tout genre, à l’architecture novatrice, permettant aux visiteurs de jeter un regard sur les autres pays alors que la guerre froide battait son plein entre la Russie et les États-Unis.

Pour sa part, M. Elder a parlé de la créativité des artistes des années 60 et de la confiance qu’avaient les dirigeants de l’époque en la relève. À preuve, Habitat 67 a été conçu par Moshe Safdie qui venait tout juste de terminer ses études en architecture. L’effervescence artistique de l’époque était époustouflante et a contribué, selon lui, à l’identité du Canada.

Les conférenciers ont conclu la soirée en affirmant que cette exposition a réellement permis au Canada de s’illustrer dans le monde. « Nous étions vraiment cool », a affirmé Simon Durivage à la blague avant que ne débute la période de questions avec le public en toute convivialité. Les spectateurs ont été généreux en anecdotes et n’ont pas manqué de questionner les conférenciers à savoir si un tel événement serait possible en 2017, pour célébrer le 50e anniversaire de l’Expo et le 150e du Canada. Difficile à dire, mais tous semblaient s’entendre pour affirmer que le Canada n’a plus été le même après 1967.

– Sophie Bernard-Piché, Rédactrice, CBC/Radio-Canada

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