Judith Jasmin : une femme libre et indépendante!

RTEmagicC_judith-jasmin.jpgPeut-être est-ce parce que je suis une femme que je suis si impressionnée par le parcours de mes pairs. Celles qui ont su laisser leurs marques à CBC/Radio-Canada ont toute mon admiration, particulièrement celles qui l’ont fait au début du siècle dernier, où leur statut était complètement différent.

Peu importe le rôle qu’elles ont joué, plusieurs femmes emblématiques se sont dévouées pour le service public. Elles ont faites évoluer la Société Radio-Canadienne, et ont eu un impact important dans notre société.

Judith Jasmin est l’une d’elles. Son nom m’était familier, mais j’étais loin de connaître l’importance de sa carrière. Pour moi, se rappeler son parcours, c’est lui rendre les honneurs, mais c’est aussi la remercier d’avoir ouvert la voie à des milliers de femmes.

Née en 1916 dans une famille modeste, elle n’a pu faire aucune étude supérieure. Ça ne l’a pas empêchée d’avoir une carrière impressionnante.

Arrivée à Radio-Canada dans les années 40, elle s’est fait connaître grâce à sa participation au radio-roman La pension Velder. Par la suite, elle s’est jointe au Service international de Radio-Canada puis aux nouvelles télévisées. En 1966, elle est nommée reporter aux Nations-Unies par Radio-Canada, puis à Washington. Libre et indépendante, elle a parcouru le monde et a rencontré les figures marquantes de l’époque. Elle est la première femme à s’être imposée comme journaliste au Québec.

Très impliquée dans les mouvements sociaux, elle n’hésitait pas à descendre dans la rue pour soutenir les causes qui lui tenaient à cœur. Membre fondateur du Mouvement laïque de langue française et grande féministe, on la décrivait comme une femme qui  «défiait les interdits». À l’écoute des gens, elle dénonçait les injustices et s’est dévouée à la cause des Noirs, des femmes et à la condition de vie des autochtones.

Malgré les conventions de l’époque, et grâce à son talent, sa détermination, son indépendance et son esprit de justice, Judith Jasmine a contribué à transformer la Société et est devenue une source d’inspiration pour des milliers de Canadiens.

Qui sont les Radio-Canadiennes qui VOUS inspirent?  Commentez ci-dessous et notre prochain blogue pourrait vous en apprendre plus sur elles!

- Marie-Eve Desaulniers, Conseillère principale, Projets et événements spéciaux, Communications institutionnelles

Radio-Canada présente un entretien de Judith Jasmin avec Hergé. L’auteur parle de ses débuts en dessin, de l’intérêt des enfants pour Tintin et des traductions de la bande dessinée.

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Au cœur des archives de CBC

Tapes in the vaultTravailler aux Archives de CBC/Radio-Canada au Centre canadien de radiodiffusion à Toronto, c’est découvrir chaque jour de nouveaux trésors. C’est dans ce service que nous conservons, cataloguons et archivons quantité de documents qui racontent l’histoire du Canada.

Notre salle des archives et nos serveurs témoignent des nombreux changements technologiques en stockage média et en radiodiffusion. C’est là qu’on y trouve des centaines de milliers d’heures d’enregistrements, conservées, numérisés et catalogués avec soin par une équipe passionnée et dévouée.

Qu’il s’agisse d’une interview avec un auteur canadien à propos de son premier recueil de nouvelles, d’une citation d’un politicien tirée d’une conférence de presse, de l’enregistrement de la première prestation d’une œuvre musicale ou d’un documentaire sur la contribution du Canada aux efforts de paix, les documents qui font partie de notre collection enrichissent les reportages que nos services produisent et qui sont accessibles sur nos différentes plateformes partout au pays.

Au cours d’une journée, mes fonctions de première médiathécaire m’amènent à préserver, d’une part, l’héritage culturel du Canada et à répondre, d’autre part, aux besoins des producteurs de contenus, dans un environnement en constante évolution technologique. C’est peu comme si j’avais un pied dans le passé, l’autre dans le présent et le regard tourné vers l’avenir.

Reel to reel machinesQuand je quitte mon travail à la fin de la journée, je suis habitée par un sentiment de fierté à l’idée que mon équipe contribue à préserver l’histoire du Canada. Il est important de partager ces documents témoins de notre histoire, non seulement aujourd’hui, mais aussi avec les générations à venir.

Si vous souhaitez en savoir plus sur les archives numériques de CBC/Radio-Canada, rendez-vous sur notre page Facebook page et suivez-nous sur Twitter.

- Karen Tiveron, Premier médiathécaire,  Archives et bibliothèques

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Ici les yeux et les oreilles… Des Archives

Sans la richesse et l’accessibilité des archives de Radio-Canada, des émissions telles que les Enfants de la télé ou Tout le monde en parlait, et tant d’autres, n’auraient pas vu le jour. Les téléjournaux sont remplis d’archives invisibles et pourtant indispensables.

Depuis 1998, en tant que médiathécaire à la Médiathèque de Radio-Canada à Montréal, j’ai le grand privilège de fouiller dans une collection d’archives radio et télé qui se classe parmi les 10 plus grandes du monde.

Avec plus d’un demi-million d’émissions et du matériel de production d’une valeur inestimable -─ imaginez le tournage en HD filmé par Une Heure sur Terre ou Découverte ─, le médiathécaire peut compter sur une collection bien organisée et analysée. Avec son expertise de la collection et grâce à des outils de recherche performants, le médiathécaire répond à des besoins de production très variés.  C’est lui qui offre à la production les images les plus percutantes, la citation la plus frappante.

Les archives ne doivent pas dormir dans nos voûtes car elles font réfléchir, comprendre un événement, une époque. Elles sont toutes sauf tristes ou ennuyantes! Tous les jours, mes collègues et moi sommes séduits, émus ou révoltés par des images du passé. Et que dire des vox pop qui nous font mourir de rire!

Les médiathécaires sont les YEUX et les OREILLES de ce patrimoine audiovisuel. C’est notre devoir de dénicher ces petits et grands trésors pour que les artisans de la télé et de la radio en fassent profiter le public.

Jetez un œil à nos archives et visitez notre page Facebook.

- Amapola Alares, Médiathécaire-chef d’équipe, Médiathèque et archives, Société Radio-Canada

 

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Un espace pour nous tous

C’est une journée importante pour le diffuseur public; c’est le début de sa transformation fondamentale. Ça me fait plaisir de partager avec vous la nouvelle stratégie de CBC/Radio-Canada. Celle-ci nous permettra d’entamer la prochaine étape du parcours pour réinventer le radiodiffuseur public.

L’environnement médiatique est en mutation profonde. Il compte de plus en plus d’acteurs et il se fractionne. Dans ce contexte, les Canadiens doivent pouvoir se retrouver au sein d’un espace bien à eux. Nous croyons que nous devons continuer d’être, et de leur offrir, cet espace.

Un espace pour nous tous est la stratégie qui fera deCBC/Radio-Canada l’espace public au cœur de nos conversations et de nos expériences en tant que Canadiens. Nous voulons faire partie de votre quotidien. Que ce soit à la maison, dans l’auto, au travail et dans les moments de loisir, CBC/Radio-Canada sera là, au bout de vos doigts.

Un espace pour nous tous propose de concentrer notre énergie créatrice et nos ressources pour nous permettre de jouer notre rôle : raconter la réalité canadienne. Nous souhaitons offrir tous les genres de contenus canadiens avec un impact indéniable et nous adapter aux préférences des auditoires en mettant davantage l’accent sur les plateformes numériques et mobiles.

D’ici 2020, nous serons une organisation plus petite, plus flexible et plus agile. Un espace pour nous tous nous permettra de saisir de nouvelles occasions. Elle nous permettra de réduire nos coûts fixes et de réorienter nos investissements actuels dans certains secteurs pour soutenir la vision qui s’articule autour de trois changements majeurs : le numérique, l’individu et la viabilité financière.

Je suis certain que, d’ici 2020, nous aurons assuré notre capacité à servir les générations futures de Canadiens et que nous serons un modèle de radiodiffuseur public moderne aux yeux du monde entier.

Je vous invite à vous joindre à moi, et aux milliers de Radio-Canadiens et de CBCers de partout au pays et dans le monde, pour participer à la création d’Un espace pour nous tous.

Visitez notre site Web institutionnel pour plus de détails sur notre stratégie.

- Hubert T. Lacroix, président-directeur général, CBC/Radio-Canada

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Un espace pour nous tous (vidéo)

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#RCfutur – conversation sur l’avenir du radiodiffuseur public

slide-8-may-5-2014-htl-presentation-v14-DIST-frEn mai, CBC/Radio-Canada a demandé aux Canadiens et aux Canadiennes de participer à une conversation en donnant leurs opinions sur l’avenir du radiodiffuseur public. Aujourd’hui, après avoir reçu plus de 33 000 réponses des quatre coins du pays, nous voulons les remercier et partager les résultats préliminaires de ce questionnaire avec les Canadiens et les Canadiennes.

Il est important de noter que ces résultats n’ont rien de scientifique. Ils reflètent l’opinion des participants et n’est pas nécessairement représentatif de la population canadienne.

Voici un aperçu des premiers résultats qui pourraient vous intéresser :

  • 80 % des participants anglophones et pratiquement tous les francophones qui ont participé à le questionnaire (98 %) estiment que CBC/Radio-Canada est importante. 73 % des participants anglophones et 91 % des participants francophones croient que les radiodiffuseurs publics continueront de jouer un rôle important dans l’avenir.
  • Plus de la moitié (59 %) des participants francophones souhaitent que la Société continue d’offrir des services régionaux comme elle le fait actuellement, alors que seulement 5 % des participants sont favorables à l’abandon de services.
  • 63 % des participants anglophones et 79 % des participants francophones sont prêts à payer davantage que le 29 $ qu’ils paient actuellement en impôt pour CBC/Radio-Canada.

Etes-vous surpris par l’opinion des Canadiens sur CBC/Radio-Canada? Dites-nous en utilisent le mot-clic #RCfutur.

-Sarah Lue, animatrice du blogue

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Coupe du monde de la FIFA, Brésil 2014

world cupAujourd’hui marque le coup d’envoi de la Coupe du monde de la FIFA, Brésil 2014 MC. Même si bon nombre d’entre nous aimerions nous évader pendant le prochain mois pour nous immerger complètement dans le soccer, nous n’avons pas toujours ce choix. Si vous voulez profiter des matchs tout en restant ici, vous voudrez profiter de l’appli de la Coupe du monde de la FIFA de Radio-Canada (présentée par Bell).

Vous pouvez suivre les matchs de soccer de la Coupe du monde peu importe où vous êtes sur votre appareil Android et sur votre iPhone, iPad ou iPod touch. Vous pouvez regarder les matchs en direct, choisir votre angle de caméra et recevoir les nouvelles et l’information dont vous avez besoin.

Si vous êtes sur Twitter, vous pouvez également suivre @RC_Sports. Place aux Jeux! Quelle équipe allez-vous encourager?

-Sarah Lue, Conseillère, Médias sociaux

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Le Canada souligne la mémoire du légendaire présentateur Knowlton Nash

Le monde de la radiodiffusion a perdu un géant et CBC/Radio-Canada, un de ses collègues les plus estimés et admirés. Knowlton Nash s’est éteint le 24 mai 2014, à 86 ans. Pionnier dans l’industrie, il a amené une génération entière de journalistes à aspirer aux normes élevées de qualité qu’il s’imposait à lui-même. Des générations de Canadiens l’ont écouté, et il est devenu non seulement connu de tous, mais aussi un ami de la famille.

De nombreuses personnes ont utilisé les médias sociaux pour rendre hommage à cette légende des médias. Pour en savoir plus, visitez le Community Blog de CBC (disponible seulement en anglais).

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Votre radiodiffuseur public a besoin de vous

Peu d’entre vous seront surpris de lire que le radiodiffuseur public traverse une période difficile. Toutefois, nous ne sommes pas les seuls. C’est l’ensemble de l’écosystème des médias qui est en mutation. La technologie, les habitudes des consommateurs et les attentes des auditoires changent presque quotidiennement et, partout dans le monde, l’industrie redéfinit ce qui est pertinent et façonne une toute nouvelle réalité. Avec pour conséquence que notre propre environnement médiatique est de plus en plus défini par des géants mondiaux, que l’industrie canadienne est contrôlée par un plus petit nombre de gros joueurs et que le radiodiffuseur public doit en faire plus avec moins.

En 1936, CBC/Radio-Canada a été créée pour s’assurer que le Canada avait une voix sur ses propres ondes. Dans la réalité numérique d’aujourd’hui, le besoin d’avoir une lunette pour voir et comprendre le Canada et le monde s’est intensifié. Le désir et le besoin d’avoir notre propre espace n’ont jamais été aussi grands.

Si nous croyons à la radiodiffusion publique, nous devons lui donner les moyens de réussir. En dollars d’aujourd’hui, notre financement public a chuté d’environ 40 % depuis 1991. Sur 18 grands pays occidentaux, le Canada arrive troisième avant-dernier pour le financement public par habitant. Chacun de nous paie seulement 29 $ par an – c’est 7 cents par jour et 60 % de moins que la moyenne mondiale qui est de 82 $ – pour 88 stations de radio et 27 stations de télévision, trois services entièrement numériques, deux chaînes de télévision d’information spécialisées (ICI RDI et CBC News Network) et d’autres services, incluant des chaînes de musique numérique. Tout ça, dans les deux langues officielles et sur six fuseaux horaires.

Tous les radiodiffuseurs font face à un marché publicitaire faible et à une industrie en pleine transformation. Tout indique qu’il s’agit d’une nouvelle réalité. La presse écrite connaît aussi des difficultés. Nous comprenons. Mais bien que nous partagions certains défis avec les radiodiffuseurs privés, nous sommes uniques sur un aspect très important : c’est à vous, le public canadien, que nous devons rendre des comptes.

Nous sommes fiers du rôle que nous avons joué dans la création d’un espace médiatique canadien unique depuis maintenant près de 80 ans. Nous offrons un point de vue canadien sur le monde grâce à nos 23 correspondants à l’étranger qui, à partir de l’Ukraine, de la Syrie, de Washington et des pays en croissance rapide, présentent l’actualité internationale dans une perspective canadienne. Ici même au Canada, nous desservons de multiples communautés, dont les communautés de langue officielle en situation minoritaire, dans toutes les régions et nous faisons en sorte que leurs voix soient entendues. Nous desservons également le Grand Nord, dans huit langues autochtones. Nous offrons des émissions de radio parlée de haut calibre à des millions d’auditeurs, nos services en ligne permettent de découvrir les musiciens canadiens émergents et nos grilles de télévision aux heures de grande écoute présentent le Canada aux Canadiens comme aucun autre radiodiffuseur ne le fait, notamment avec des émissions comme 30 vies,  Unité 9, Heartland et Republic of Doyle.

Si, comme pays, nous croyons à la radiodiffusion publique, nous devons l’appuyer. Nous devons lui donner un mandat qui reflète la complexité de l’environnement médiatique actuel, et lui donner les ressources dont elle a besoin pour remplir ce mandat à long terme et non pas seulement d’une année à l’autre comme c’est le cas actuellement.

D’ici là, nous continuerons de réduire nos coûts, de chercher à faire des économies et d’innover. Nous continuerons de nous adapter, pas seulement aux nouvelles technologies, mais surtout, aux besoins changeants des Canadiens. Cela a toujours été notre priorité. Cependant, aujourd’hui, nous sommes dans la situation où nous sommes confrontés à des choix difficiles entre investir dans l’avenir et maintenir des services. Notre formule de financement actuelle ne nous permet tout simplement pas de faire les deux. Nous devrons ainsi éliminer des services et des émissions que nous offrons actuellement aux Canadiens pour financer ceux à venir.

Les enjeux n’ont jamais été aussi importants, mais en faisant des choix difficiles maintenant, nous pouvons rendre accessible d’immenses possibilités qui permettront au radiodiffuseur public d’être encore plus dynamique dans le futur. Mais nous ne pouvons y arriver seuls. Si les Canadiens croient en CBC/Radio-Canada, il est temps pour eux de se joindre à la conversation. Comment nous assurer que nos enfants auront la possibilité de concevoir leurs propres expériences et de bâtir leur propre relation avec CBC/Radio-Canada? Quel héritage démocratique, social et culturel voulons-nous léguer aux générations futures? À l’heure où nous refaçonnons ce que nous offrons comme radiodiffuseur public, nous avons besoin de savoir ce qui compte pour vous.

Nous écoutons ce que vous avez à nous dire, sur les médias sociaux, sur Facebook, sur notre blogue institutionnel, sur Twitter et dans nos émissions. Le 5 mai dernier, nous avons lancé le premier sujet de conversation sur http://www.cbc.radio-canada.ca/futur. Peu importe le moyen que vous préférez utiliser, dites-nous ce que vous pensez. Parlez-nous.

- Hubert T. Lacroix, président-directeur général, CBC/Radio-Canada

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Hubert T. Lacroix : Mes notes d’allocution

Où nous en sommes

Eh bien, nous en sommes là encore une fois. C’est la troisième fois que je me retrouve devant vous pour faire une présentation de ce genre, et, je dois vous dire que j’ai zéro plaisir à le faire. J’imagine aussi que vous avez zéro plaisir à l’entendre.

En février, je vous ai parlé de nuages noirs. C’est mon travail de m’occuper de nos enjeux d’entreprise et de vous les communiquer, même lorsque les nouvelles sont désagréables. Je vous ai toujours promis, et c’est encore vrai, d’être franc et de vous expliquer l’état des choses de façon directe.

Alors, comment en sommes-nous arrivés là?

Bon nombre d’entre vous pourraient penser : tout ça, c’est à cause du hockey. Eh bien non. Ce serait trop facile d’attribuer tout ce qui arrive à la décision de la LNH de s’engager de façon exclusive avec Rogers.

Je serai cependant le premier à admettre que, pour nous, le hockey faisait partie intégrante de la Société, qu’il en était une pièce structurante, qu’il était ancré dans la grille de CBC Television et dans notre offre de services mobiles, qu’il nous donnait du poids sur les marchés publicitaires et qu’il avait un impact sur la répartition de nos ressources financières entre CBC, Radio-Canada et nos services hors médias.

De plus, le choix par la LNH d’un seul radiodiffuseur exclusif a également un impact sur l’ensemble du marché de la publicité, sur les rapports de force entre les radiodiffuseurs généralistes et les chaînes sportives spécialisées. L’environnement médiatique francophone est également touché, puisque TVA possède maintenant les droits pour les matchs nationaux du samedi soir incluant les séries éliminatoires.

Alors oui, la perte du contrat du hockey est importante, mais ce n’est qu’une pièce dans un casse-tête beaucoup plus compliqué. Parlons-en.

pressions

Premièrement, la télévision. Toute l’industrie connaît une baisse du marché de la publicité – environ 5 % dans l’ensemble au cours de la dernière année. Tous les radiodiffuseurs généralistes sont touchés, et ni CBC ni Radio-Canada n’ont été épargnées. De plus, depuis l’été dernier, la grille de la télévision de CBC aux heures de grande écoute n’a pas eu le succès attendu auprès des 25-54 ans qui représentent le groupe démographique le plus important pour les annonceurs. De plus, nous devons maintenant planifier les revenus de la grille de CBC Television aux heures de grande écoute sans l’effet d’attraction du hockey ainsi qu’avec Rogers et TVA qui détiennent maintenant les droits de la LNH.

Ces facteurs combinés représentent une diminution de nos revenus d’environ 47 M$.

Deuxièmement, comme vous le savez, les ventes de publicité sur CBC Radio 2 et Espace musique sont beaucoup plus faibles que prévu. C’est très décevant. Nous essayons de rétablir la situation, mais nous n’atteindrons pas les projections initiales. Nous en sommes loin. Cela représente un manque à gagner de 13 M$ qui touche presque uniquement les Services anglais.

Troisièmement, nous faisons face à d’autres pressions provenant de facteurs comme l’augmentation automatique de nos frais fixes (pour 42M$) et l’impact d’un gel du financement au titre de l’inflation salariale par le gouvernement fédéral pendant deux ans (pour 30M$).

Alors, quand nous arrivons à la fin de cette diapo, vous voyez quel genre de défi nous devions relever seulement pour équilibrer notre budget 2014-2015.

Et nous ne pouvons oublier que ces réductions s’ajoutent aux 390 M$ ou presque de pressions financières et de réductions que nous avons gérées depuis 2009 à cause de la récession de 2008-2009, du PARD et des mesures que nous avons prises pour adapter nos stratégies commerciales à ce moment-là, puis à cause de l’élimination du FAPL par le CRTC, de l’augmentation des coûts liée au gel du financement des salaires par le fédéral pour les années 2010, 2011 et 2012, de l’augmentation de nos coûts fixes, ainsi que des réductions dans le financement provenant du FCM.

Je vous avoue qu’équilibrer notre budget 2014-2015 s’est avéré être l’exercice budgétaire le plus compliqué depuis mon arrivée le 1er janvier 2008. Mais ce défi a fait ressortir une chose de façon très claire : nous ne pouvons réduire, de cette façon, la taille du radiodiffuseur public à tous les deux ans. Cela ne fait aucun sens. Et ce n’est pas le cours normal des affaires.

L’annonce d’aujourd’hui comportera deux volets.

D’abord, nous vous expliquerons comment nous avons équilibré le budget pour cette année.

Nous parlerons ensuite des changements plus significatifs à venir alors que nous préparons notre prochain plan stratégique et que nous voulons en arriver à un modèle économique durable, ce qui inclut la capacité d’investir pour l’avenir.

Pour équilibrer notre budget cette année, nous avons dû effectuer des compressions de 130 M$ dans toute la Société et, en plus, débourser 33,5 M$ en indemnités de cessation d’emploi. Ça veut dire que nous éliminons l’équivalent de 657 postes au cours des deux prochaines années.

Pour effectuer ces réductions, nous avons procédé de la même façon que pour les compressions liées au PARD. Nous avons tout examiné, de façon systématique, en tenant compte de notre plan stratégique 2015 et de ses priorités.

Toutefois, en cherchant des solutions et en essayant de protéger notre programmation canadienne aux heures de grande écoute, notre engagement envers les régions et notre engagement pour le numérique, nous avons réalisé que les chiffres étaient trop élevés et que notre marge de manœuvre était trop mince par rapport aux compressions que nous avions dû faire depuis 2009.

Nous n’avons pas été capables de protéger ces priorités autant que nous aurions aimé le faire. Et les Canadiens le remarqueront.

Je voudrais aussi immédiatement vous dire que, dans le contexte de ces réductions, il n’y aura pas de programme de retraite volontaire. Les coûts différentiels d’un tel programme sont trop élevés. Nous ne pouvons simplement pas nous le permettre. Alors, je tenais à vous le dire moi-même clairement : il n’y a pas de PIRV.

Je n’ai pas encore découvert de façon simple d’annoncer des nouvelles comme celles d’aujourd’hui. Je sais que bon nombre d’entre vous sont tristes. Je sais qu’il y aura beaucoup de questions. Nous y répondrons de façon transparente : lors de la séance de questions d’aujourd’hui, lors des réunions qui suivront, et à mesure que les choses se préciseront au cours des prochains jours.

Je promets que les personnes touchées seront traitées avec respect. Nous travaillerons avec vos représentants syndicaux pour procéder à ces réductions de façon équitable, tout en respectant nos conventions collectives. Les personnes touchées, et ceux et celles qui verront nos amis et collègues partir, pourront recevoir de l’aide.

Nous le ferons ensemble, comme nous devons le faire. Mais ça ne sera pas facile pour autant, je le sais.

En faisant les choix pour équilibrer le budget 2014-2015, nous avons dû accélérer le travail déjà en cours pour préparer notre prochain plan stratégique qui nous amènera en 2020. Nous devions nous assurer que les mesures annoncées aujourd’hui ne s’étaient pas faites en vase clos et ne mettaient pas en danger nos choix stratégiques futurs en réagissant aux besoins immédiats.

Nous avons donc établi quelques règles qui nous ont servi de guide :

  • À l’échelle nationale : La grille de la télévision aux heures de grande écoute doit obtenir de bons résultats; la radio parlée doit interpeller les auditoires; les nouvelles nationales continuent d’être notre principale force; les sites web nationaux doivent s’imposer et se distinguer;
  • À l’échelle régionale : Nous demeurons centrés sur les régions et y maintenons notre engagement, mais nous devons de façon urgente moderniser ou rationaliser nos façons de faire en tenant compte des réalités budgétaires; nous abandonnons immédiatement toute expansion de nos services locaux envisagée dans la Stratégie 2015;
  • Au plan du numérique : nous maintenons notre engagement à y affecter 5 % des budgets de programmation des composantes médias, mais les ressources pourraient ou devraient porter sur un nombre moins élevé d’initiatives à fort impact, et protéger les projets d’importance stratégique (comme Tou.tv).

Mais en appliquant ces règles, nous avons dû faire des choix controversés et très difficiles. Avant de demander à Heather et à Louis d’expliquer plus en détail comment nos composantes médias seront touchées, laissez-moi vous parler de l’impact de ces choix sur trois secteurs. Cela vous permettra de mieux comprendre le genre de radiodiffuseur public que nous deviendrons.

Premièrement, les sports. À compter d’aujourd’hui, CBC et Radio-Canada ne rivaliseront plus avec les radiodiffuseurs privés pour les droits des sports professionnels. Il est devenu évident que, dans ce secteur, nous ne pouvons plus concurrencer les radiodiffuseurs privés qui possèdent des chaînes sportives spécialisées (souvent plus qu’une) et les plateformes multimédias nécessaires pour monétiser les droits de diffusion qu’il faut maintenant s’attendre à payer.

Les réductions signifient également qu’il y aura moins d’événements et moins de sport, et que 50 heures de programmation originale seront éliminées de la grille 2014-2015 de CBC.

Notre couverture des sports amateurs sera également réduite. À compter de maintenant, nous envisagerons de présenter seulement des événements dont la diffusion nous permettra au moins de recouvrer nos coûts.

Conséquence de ces décisions : nous réduisons considérablement la taille de nos services des sports à CBC et à Radio-Canada.

Cela dit – et c’est très important – nous maintenons notre engagement à présenter des grands événements qui ont une importance nationale comme les Olympiques. Je suis fermement convaincu que ces événements font partie de notre mandat et que, un jour ou l’autre, si nous cessons de nous y intéresser, aucun autre radiodiffuseur ne prendra la relève. Nous devrons simplement nous y prendre autrement comme nous l’avons fait à Sotchi.

Deuxièmement, à cause de la perte du hockey, les revenus autogénérés deviennent encore plus importants et plus stratégiques. Nous devons regrouper notre force de vente et communiquer à nos partenaires commerciaux notre vision d’une offre multiplateforme pancanadienne unique.

C’est la raison pour laquelle nous prévoyons consolider les groupes Revenus sous un seul responsable, et offrir un service plus rationalisé aux annonceurs.

Ensuite, il y a les régions, où nous maintiendrons notre présence et notre capacité de cueillette d’information. Cela implique que nous devrons regrouper encore plus de ressources en région, et dans certains cas, remplacer des émissions locales par des émissions régionales, réseau ou en syndication.

J’espère que ces exemples vous donnent une idée de la direction que nous prenons. Nous sommes à l’heure de faire des choix, de combiner encore davantage les forces de CBC et de Radio-Canada et de repenser complètement nos services.

Je dois aussi vous dire une chose : équilibrer le budget 2014-2015 est loin d’être le seul défi que nous avons. Lorsque nous regardons 2015-2016 et au-delà, il nous reste encore du travail à faire pour en arriver à un modèle économique durable.

Je vous expliquerai davantage le processus amorcé dans le cadre de notre prochain plan stratégique, celui qui nous amènera en 2020. Mais je voudrais tout d’abord inviter Heather et Louis à vous parler de l’impact du budget sur nos réseaux.

Heather à Toronto – je te laisse la parole.

[PRÉSENATION DE HEATHER CONWAY]

[PRÉSENATION DE LOUIS LALANDE]

Merci Louis, merci Heather.

C’est ici qu’entre en jeu notre prochain plan stratégique.

Comme je l’ai dit plus tôt, nous avons accéléré ce processus. Au départ, nous pensions pouvoir terminer notre travail en 2014, et annoncer nos conclusions à l’automne ou, au plus tard, au premier trimestre de 2015. Maintenant, les annonces viendront au début de l’été.

En plus de la programmation canadienne aux heures de grande écoute, de l’importance des régions, d’une forte présence dans le numérique et les services mobiles, ainsi que des principes directeurs dont j’ai parlé plus tôt, nous avons commencé à identifier des secteurs prioritaires. Nous devrons également trouver, à même nos ressources, l’argent que nous voudrons y investir. Cela voudra dire abandonner certains secteurs d’activités ou les réinventer complètement. Cela voudra dire procéder à des changements importants à propos de ce que nous pouvons nous permettre de faire avec une base de revenus très différente.

Les changements fondamentaux que nous ferons devront nous servir pendant de nombreuses années. C’est pourquoi nous examinons tout et nous nous posons des questions cruciales comme celles-ci :

  • Aurons-nous besoin de ce service en 2020 lorsque nous tenons compte de nos énoncés de mission et de vision?
  • De quels services les Canadiens auront-ils besoin de notre part en 2020?
  • Quelle infrastructure est nécessaire pour répondre à ces besoins?
  • Comment pouvons-nous transformer certains de nos services les moins performants en offres nouvelles, plus mobiles et plus numériques?
  • Nous devons trouver de l’argent pour investir dans nos prochaines priorités. Cet argent doit provenir de nos propres budgets. Comment y arriverons-nous?
  • Nous venons de renouveler nos licences jusqu’en 2018, mais dans un environnement qui était complètement différent. Pouvons-nous nous permettre de faire ce que nous avons promis?
  • De nombreuses parties intéressées s’attendent à des investissements et à un appui de notre part. Elles devront réaliser qu’il y a maintenant des limites importantes à cet appui et que les engagements passés ne garantissent pas nécessairement les engagements futurs. Alors, comment nos partenariats devraient-ils évoluer?

Au même moment, nous regardons à l’étranger. Nous tenons des discussions constantes avec des radiodiffuseurs publics partout dans le monde. La plupart se posent les mêmes questions que nous.

En faisant toutes ces réflexions, nous visons à bâtir un modèle économique pour ne pas être obligés de répéter des annonces aussi sérieuses que celles d’aujourd’hui. Chose certaine, nous ne pouvons nous protéger contre les réductions budgétaires qui résultent des décisions du gouvernement ni contre les fluctuations des marchés. Mais nous pouvons augmenter notre capacité à affronter les tempêtes.

En 2020, nous devrons être une entreprise médiatique publique plus souple et plus ciblée, une entreprise qui est plus agile et qui peut s’adapter à mesure que les habitudes de consommation des médias par les auditoires changent, tout en respectant l’esprit du mandat qu’on nous a confié il y a plus de 75 ans.

Avec Sotchi, nous avons joint plus de 33 millions de Canadiens.

Nous l’avons fait ensemble, grâce à une collaboration plus étroite que jamais entre CBC et Radio-Canada.

Nous l’avons fait de façon différente, en étant un leader avec notre offre de services mobiles.

Nous l’avons fait en partenariat.

Nous avons agi rapidement, nous avons atteint nos cibles de revenus et d’auditoires et nous les avons tous impressionnés!

C’est dans cet esprit que nous devons aller de l’avant.

Maintenant, nous sommes ici pour répondre à vos questions…

- Hubert T. Lacroix, président-directeur général, CBC/Radio-Canada

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