Les Prix du président visent à saluer et reconnaître nos collègues qui accomplissent un travail admirable.
Voici quelques photos de la présentation d’aujourd’hui à Ottawa.
Les Prix du président visent à saluer et reconnaître nos collègues qui accomplissent un travail admirable.
Voici quelques photos de la présentation d’aujourd’hui à Ottawa.
Dans la foulée de l’annonce officielle de l’adoption du terme ICI pour désigner toutes les plateformes des Services français de Radio-Canada, il me paraît important de corriger certaines perceptions à l’effet qu’il s’agirait d’un changement du nom de l’entreprise. Il n’en est rien. Au contraire, l’entreprise continue de s’appeler Radio-Canada. Sur ma carte d’affaire ainsi que sur celles de tous mes collègues, on pourra lire avec fierté Ici Radio-Canada.
Notre univers médiatique est en pleine transformation. La prolifération des chaînes spécialisées en télé et la place croissante du web et des applications mobiles sont au cœur de cette évolution. Les contenus sont de plus en plus dispersés. Les Services français de Radio-Canada proposent déjà quatre chaînes de télé, deux chaînes de radio et quatre plateformes numériques. D’autres s’ajouteront sans doute. Il s’agit d’une tendance lourde que nous devrons suivre pour continuer à remplir pleinement notre mission de diffuseur public auprès des Canadiens
Dans ce contexte, l’adoption d’une identité de marque simple et cohérente, dénominateur commun à toutes les plateformes de Radio-Canada, s’impose pour assurer la place du diffuseur public et des contenus qui le distinguent, pour témoigner de l’amplitude et de la diversité des véhicules avec lesquels il dessert ses auditoires d’un océan à l’autre. C’est en fonction de l’avenir que Radio-Canada opère dès aujourd’hui ce virage.
Le choix du terme ICI est indissociable du fait que la molécule de Radio-Canada est l’un des symboles les plus universellement reconnus au pays. Tous les groupes témoins à qui nous avons soumis cette proposition ont conclu qu’ICI lié à la molécule est synonyme d’Ici Radio-Canada, qu’il en représente l’expression moderne et conviviale.
Toute évolution provoque des réactions. Je ne vais pas minimiser la portée de celle-ci. Cependant, j’ai la conviction qu’au fur et à mesure où elle se concrétisera à la radio, à la télé et sur le web, il ne subsistera aucun doute dans l’esprit des francophones d’un bout à l’autre du pays: ICI, c’est Ici Radio-Canada.
- Louis Lalande, Vice-président principal de Radio-Canada

L’ombudsman de Radio-Canada, Pierre Tourangeau.
Les sites web des ombudsmans de CBC et de Radio-Canada ont été rafraîchis. Accessibles à partir de l’onglet Ombudsman sur le site web institutionnel de CBC/Radio-Canada, les nouveaux sites ont une apparence plus conviviale et ont été conçus pour mettre davantage l’accent sur la révision des plaintes, les Normes et pratiques journalistiques (NPJ), ainsi que sur le rôle de l’ombudsman.
L’équipe web a adopté une approche plus uniforme avec la refonte; les deux sites offrent maintenant le même contenu et sont organisés selon une structure identique. Communiquer avec notre ombudsman est maintenant plus facile que jamais et l’approche conceptuelle témoigne de notre engagement à être ouverts, transparents et responsables à l’endroit des Canadiens. « Avec son nouveau design, sa foire aux questions améliorée, un accès et une navigation facilités, une procédure de plainte simplifiée, le nouveau site se rend plus utile, plus efficace, et plus aisé à consulter », précise l’ombudsman de Radio-Canada, Pierre Tourangeau.
Pour en savoir davantage sur le rôle et les responsabilités de l’ombudsman, la révision des plaintes récentes et la façon dont les décisions sont prises, visitez le nouveau site et suivez Pierre sur Twitter @ombudsmanrc !
- Sarah Lue, animatrice du blogue
Radio-Canada a annoncé aujourd’hui une initiative qui suscite beaucoup de réactions. Voici quelques informations pertinentes que je souhaitais partager avec vous.
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Nous annonçons aujourd’hui les nouveaux noms que porteront nos plateformes. Par égard pour vous, ce n’est pas ainsi que nous aurions voulu vous annoncer ce changement, car depuis le début, vous avez été engagés dans le projet ReCréez Radio-Canada et dans la transformation qu’il implique.
Nous sommes fiers d’annoncer officiellement que le terme ici sera plus que jamais mis en valeur pour désigner les diverses plateformes à travers lesquelles les Services français proposent au public des contenus d’information et de divertissement qui contribuent à la vie culturelle et au débat démocratique.
ici est un terme intimement lié à l’histoire de Radio-Canada qui s’identifie par l’expression « Ici Radio-Canada » utilisée depuis les tout débuts de la Radio en 1936. Ce mot, qui a aussi fait partie du titre de plusieurs émissions de radio et de télévision, est un reflet fidèle de notre identité. Il symbolise le lien privilégié qui unit Radio-Canada et la population. Il identifie également une programmation très majoritairement canadienne à la Télévision comme sur toutes les autres plateformes. Bref, il exprime ce qui distingue Radio-Canada dans l’univers médiatique.
ici remplace l’expression RADIO TÉLÉVISION INTERNET qui était utilisée en combinaison avec le logo de Radio-Canada depuis l’intégration des Services français. ici ne se substitue pas au nom de l’entreprise CBC/Radio-Canada mais devient un dénominateur commun de nos activités globales (ici Radio-Canada) ou sectorielles (ici…).
La transformation de l’image de marque et le choix du terme ici ne sont que les aspects les plus visibles d’un exercice plus large et plus profond qui s’inscrit dans l’esprit de la stratégie d’entreprise Partout pour tous. Il vise à faire en sorte que les Services français soient plus innovants, plus proches des citoyens et plus pertinents que jamais. Tous nos services et nos employés sont déjà engagés dans ce processus, entamé sous le terme « ReCréez Radio-Canada ».
Le vice-président principal des Services français, Louis Lalande, situe ainsi cette initiative : « L’avenir de Radio-Canada est intimement lié à notre capacité de mettre à profit toutes les plateformes dans un cadre distinctif qui exprime fortement notre culture et nos valeurs. C’est le sens de la démarche que nous avons entreprise il y a quelques mois.»
Guylaine Bergeron, directrice générale, Communications et Image de marque, ajoute: « Le monde des médias est en pleine explosion. Les plateformes comme les chaînes ne cessent de se multiplier. Il était impératif de doter les Services français d’une image de marque forte, claire, qui reflète notre mandat et le lien profond qui nous unit avec nos auditoires.»
Les déclinaisons du terme ici seront les suivantes : ici Radio-Canada, ici Télé, ici Première, ici.ca, ici RDI, Ici ARTV, ici Explora, ici TOU.TV, ici Musique, ici.mu., ici Alberta, ici Québec (par exemple).
Sonnet L’Abbé est une poète primée et critique culturelle, Elle enseigne la création littéraire à la faculté d’études créatives et critiques du campus Okanagan de l’Université de la Colombie-Britannique. Elle a amorcé une tournée de deux mois à bord de VIA Rail, histoire de discuter avec les Canadiens à propos de notre pays, 150 ans après le début de la Confédération dans le cadre de la série de conférenceds CANADA 150/2017 Débute maintenant. Ces conférences sont présentées par CBC/Radio-Canada en partenariat avec VIA Rail Canada et les Fondations communautaires du Canada (FCC), www.2017debutemaintenant.ca. Twitter #Canada150.
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Je profite de l’entrée en gare du train à Halifax pour prendre quelques photos du dédale de corridors qui surplombe les rails. Le port est vieux et imposant. Le fait d’arriver comme ça – telle une cargaison transportée en première classe – au milieu de cet enchevêtrement de voies ferrées entourées de monte-charges en bois me donne une bonne idée de la signification historique d’Halifax, de sa place en tant que portail vers l’Atlantique et l’Europe.
Pour moi, Halifax combine les attributs d’une métropole et d’une ville de pêcheurs. De ces deux sensibilités, soit l’urbanité et la mer, c’est la première, sous la forme de l’entrepreneuriat urbain, qui domine la conférence. Le vibrant plaidoyer de Gregg Curwin pour convaincre les Canadiens d’abandonner la malbouffe américaine et de se tourner vers des produits verts, locaux et organiques rappelle le discours ambiant répandu dans les cercles branchés de Vancouver et de Portland. Le point de vue d’Allison Kouzovnikov sur la possibilité, pour les communautés locales, d’exploiter de gros volumes de données pour soutenir la collecte de fonds et les efforts de développement, était intelligent et novateur. Seules Soulafa Al-Abbasi, avec son dynamique exposé sur la perception d’Halifax qu’ont les immigrants qui y vivent (et son propre désir de revendiquer la ville comme « sienne »), et Tammy Williams, avec ses récits modérés illustrant le combat contre l’intolérance envers les Premières nations, nous rappellent que nous sommes dans une ville où on ne discute pas beaucoup de diversité.
Quant à la production de Jac Gautreau, Kanata, elle s’inscrit dans la tendance culturelle actuelle et correspond parfaitement au type de projet envisagé par les conférences 2017 DÉBUTE MAINTENANT. Mariant des rythmes de tambour traditionnels des « quatre peuples fondateurs » de la Nouvelle-Écosse, la troupe de Kanata voyagera partout au pays afin de divertir des Canadiens et d’alimenter la discussion lors de tables rondes sur les valeurs qui devraient définir le Canada au cours des cinquante prochaines années.
À mon grand embarras, je dois vous avouer que je me suis demandé pendant une seconde ou deux quel était, aux côtés des Autochtones, des francophones et des anglophones, ce quatrième peuple fondateur. Heureusement, je me suis rapidement souvenu que tout ce que je savais d’Halifax avant ma visite, je le tenais de George Elliott Clarke, créateur du terme « Africadien ». Clarke s’était notamment donné pour mission de veiller à ce que les colons africains, qui ont vécu en Nouvelle-Écosse aussi longtemps que les colons européens, aient leur place dans l’histoire du Canada d’avant la Confédération et du début de celle-ci.
Lorsque j’ai demandé à mon ami Zach Wells, un poète habitant Halifax, en quoi sa ville pouvait aider les Canadiens à mieux définir leur identité, il m’a aussitôt parlé d’Africville, un des plus importants sites historiques du pays.
Cependant, j’ai plutôt décidé de visiter Peggy’s Cove et Lunenberg. Peggy’s Cove est un de ces lieux enchanteurs qui inspirent des chansons, et à Lunenberg, j’ai savouré un des meilleurs repas de ma vie : cake à la morue et compote de rhubarbe, avec en accompagnement une salade de brocoli et d’amandes. En ville, je suis allée aux Maritime Museum et j’ai lu sur l’explosion d’Halifax et sur l’Expédition canadienne dans l’Arctique au lieu de me rendre au Africville Museum.
Je garde donc d’Halifax et de ses environs une expérience axée sur l’entrepreneuriat, cristallisée autour de lieux pittoresques et impeccablement entretenus (Lunenberg vient d’être inscrit à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO), qui attirent les gens d’affaires. Je me suis bien amusée au Lower Deck, où j’ai chanté des chansons de Sweet Child of Mine and Barrett’s Privateers, mais je repars avec le sentiment de n’avoir vu d’Halifax que les lieux typiques des cartes postales. C’est donc dire que « mon Halifax » reste à découvrir.
- Sonnet L’Abbé, poète primée et critique culturelle
Sonnet L’Abbé est une poète primée et critique culturelle, Elle enseigne la création littéraire à la faculté d’études créatives et critiques du campus Okanagan de l’Université de la Colombie-Britannique. Elle a amorcé une tournée de deux mois à bord de VIA Rail, histoire de discuter avec les Canadiens à propos de notre pays, 150 ans après le début de la Confédération dans le cadre de la série de conférenceds CANADA 150/2017 Débute maintenant. Ces conférences sont présentées par CBC/Radio-Canada en partenariat avec VIA Rail Canada et les Fondations communautaires du Canada (FCC), www.2017debutemaintenant.ca. Twitter #Canada150.
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Le chauffeur de taxi qui nous conduit dans St. John’s parle avec un accent chantant. Il prononce le nom de la ville « St. Jann’s ». À la radio, les harmonies vocales et le violon d’une chanson folklorique typique de la côte est nous souhaitent chaleureusement la bienvenue à Terre-Neuve. Par contre, le temps est beaucoup moins accueillant alors que nous empruntons une pente raide qui nous mène au centre-ville. C’est le début juin, il fait six degrés, c’est gris et pluvieux. Je comprends maintenant pourquoi les maisons arborent de telles couleurs vives et pourquoi les Terre-Neuviens sont si chaleureux!
La question des fêtes du 150e anniversaire du Canada suscite une réaction amusée à Terre-Neuve, ne serait-ce que parce que plusieurs des participants à la conférence étaient déjà nés quand la province s’est jointe à la confédération en 1949. Les gens croient que les activités du cent cinquantième ne devraient pas se limiter à exprimer comment les Terre-Neuviens voient le reste du pays, mais devraient plutôt inciter les Canadiens à venir visiter l’île et faire en sorte que tous ceux qui sont partis vivre ailleurs aient envie de revenir à la maison.
Dans la salle, on remarque la présence de participants originaires de l’étranger, conséquence directe du programme mis en place par l’Université Memorial pour attirer des étudiants de l’extérieur du Canada. Plus d’une demi-douzaine d’étudiants nigériens sont présents, certains agissant comme animateurs et d’autres suivant avec beaucoup d’intérêt.
Donovan Taplin, orateur aguerri âgé de 18 ans, n’a aucune peine à charmer l’auditoire par son assurance. Magnifique exemple d’un jeune animé de valeurs civiques, Donovan insiste sur l’importance de cultiver la curiosité et nous demande de réfléchir au moment où nous nous sommes sentis le plus Canadien dans notre vie. Pour lui, « marcher sur un glacier » a été son expérience canadienne ultime.
De l’avis d’un participant, hormis au Québec, c’est à Terre-Neuve qu’on se distingue le plus sur le plan culturel. On peut le constater dans la façon dont la population soutient ses artistes. Nous créons de l’art pour nous-mêmes, avant tout, ajoute-t-il. La soprano Cheryl Hickman personnifie bien cette fierté culturelle autosuffisante : elle a mis de côté sa carrière d’interprète qui l’amenait à voyager partout dans le monde pour mettre sur pied la troupe Opera on the Avalon, à St. John’s, la seule compagnie d’opéra professionnelle de l’Est du Canada. Elle a comme projet de créer une version lyrique de l’histoire du Canada, du point de vue de la plus vieille ville en Amérique du Nord. Ce projet cadre totalement avec les fêtes de 2017. Quand Cheryl chante, je suis soufflée par ce talent de classe mondiale qui a choisi de vivre à St. John’s.
La veille, j’étais allée boire une pinte avec mon ami George Murray, un auteur que j’ai connu à Toronto et qui vit maintenant à St. John’s depuis quelques années. George m’a fait la liste de tous les événements littéraires que je manque. Il m’a raconté comment, à l’occasion d’une visite à St. John’s, il avait été captivé par une chanteuse du coin. Il avait demandé à Michael Crummey, un romancier, qui était cette chanteuse. « C’est ma femme », lui a répondu Michael. « En fait, elle est biologiste de la vie marine ». « C’est à ce moment-là que j’ai décidé de rester », a ajouté George. « Tout le monde à St. John’s est comme ça : ils font une chose le jour, puis, le soir, ils font de l’art. J’ai décidé que je pouvais vivre avec des personnes comme ça. »
Après la conférence, j’ai eu environ une heure de libre avant de retourner à l’aéroport. J’ai utilisé ce temps pour prendre un taxi jusqu’en haut de Signal Hill. Les nuages avaient fait place au soleil. La vue sur l’océan était extraordinaire. J’aurais aimé rester plus longtemps.
- Sonnet L’Abbé, poète primée et critique culturelle
Sonnet L’Abbé est une poète primée et critique culturelle, Elle enseigne la création littéraire à la faculté d’études créatives et critiques du campus Okanagan de l’Université de la Colombie-Britannique. Elle a amorcé une tournée de deux mois à bord de VIA Rail, histoire de discuter avec les Canadiens à propos de notre pays, 150 ans après le début de la Confédération dans le cadre de la série de conférenceds CANADA 150/2017 Débute maintenant. Ces conférences sont présentées par CBC/Radio-Canada en partenariat avec VIA Rail Canada et les Fondations communautaires du Canada (FCC), www.2017debutemaintenant.ca. Twitter #Canada150.
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À ma dernière journée à Kingston, j’ai fait la rencontre de Patricia, une dame âgée dynamique qui se décrit comme « une digne représentante de Yorkshire ». Je lui ai parlé de mon projet. Patricia a refusé que je la prenne en photo, mais elle m’a autorisée à écrire combien elle est heureuse que ses fils et ses petits-enfants soient canadiens et non américains. Elle m’a demandé si j’avais visité le vieux Fort Henry. « C’est là que nous, les Britanniques, avons stoppé ces foutus Américains! » Je lui ai répondu que j’y étais allée. « C’est bien », a-t-elle ajouté en approuvant d’un signe de tête.
Alors que je gravissais la colline pour me rendre au Fort Henry, le vent me fouettait les cheveux dans le visage. Au sommet de la colline se trouve le tout nouveau Centre de découvertes, un édifice rappelant un bunker qui exprime avec enthousiasme une version de l’histoire canadienne mettant de l’avant la guerre de 1812. Dans ce centre, on peut « s’engager » et se faire prendre en photo dans l’un des uniformes d’époque. Il y a un hologramme de John A. Macdonald, un sketch vidéo montrant un jeune homme qui songe à s’enrôler dans le régiment ainsi qu’une exposition interactive dans laquelle on peut tirer à l’aide d’un canon grandeur nature sur des projections de bateaux ennemis.
Je suis descendue dans la fortification à proprement parler. Dans la douve asséchée, l’un des soldats d’infanterie vêtus de rouge nous informe que bien que le fort ait été construit en réaction au conflit de 1812, pour les visiteurs d’aujourd’hui, c’était en 1867. Ça me convient tout à fait; nous remontons exactement à l’année de naissance que nous fêterons en 2017.
Le soldat d’infanterie nous montre son fusil Snifer Enfield, une arme high-tech à l’époque, et nous invite à lui donner l’ordre de tirer. Ensuite, nous rencontrons un autre membre de l’infanterie; c’est une jeune femme dont les cheveux ont été soigneusement remontés dans son chapeau. Un officier nous le présente comme le soldat Hunter et parle de lui au masculin. Elle/il nous fait faire un tour guidé.
« Malheureusement, le Fort Henry n’a jamais été le théâtre d’une bataille, nous indique le soldat Hunter. Nous n’y avons jamais vu d’action. » Je n’étais pas certaine si son « malheureusement » était improvisé ou si le mot faisait partie de son texte. En repensant au jeu perfectionné qui propose aux visiteurs de tirer des coups de canon dans le Centre de découvertes, je me suis dit qu’il s’agit probablement d’un « sentiment » officiel.
À mon arrivée à Kingston la veille, un autre genre de bataille se livrait dans la rue. Cent cinquante personnes marchaient vers le centre-ville, pancartes à la main, en scandant « O‑G-M! On veut savoir! » Cette manifestation s’inscrivait dans un mouvement de protestations organisé ce jour-là à l’échelle planétaire contre les semences brevetées par les entreprises. L’atmosphère gau-gauche grano qui régnait parmi les manifestants, ceux-ci se posant en défenseur des aliments biologiques et locaux sous le regard des visiteurs du marché hebdomadaire des producteurs, m’a donné une tout autre impression de la ville qu’est devenue Kingston comparativement à celle qui a construit des fortifications et fourbi ses armes pour stopper une éventuelle menace.
J’ai demandé à Erinn Williams, l’une des organisatrices de la manif, ce que les douanes canadiennes font pour nous protéger de l’arrivée d’aliments génétiquement modifiés, partant du point de vue qu’on ne veut pas en manger. « Au Canada, on ne cultive pas autant de ces cultures qu’aux États-Unis. Eux, des OGM, ils en ont partout. Mais une grande partie des aliments transformés que nous consommons proviennent des États-Unis, alors… »
Alors, pour 2017, pourrions-nous imaginer mettre en place l’équivalent du Fort Henry afin d’être bien armés pour entreprendre cette bataille alimentaire mondiale?
- Sonnet L’Abbé, poète primée et critique culturelle
Sonnet L’Abbé est une poète primée et critique culturelle, Elle enseigne la création littéraire à la faculté d’études créatives et critiques du campus Okanagan de l’Université de la Colombie-Britannique. Elle a amorcé une tournée de deux mois à bord de VIA Rail, histoire de discuter avec les Canadiens à propos de notre pays, 150 ans après le début de la Confédération dans le cadre de la série de conférenceds CANADA 150/2017 Débute maintenant. Ces conférences sont présentées par CBC/Radio-Canada en partenariat avec VIA Rail Canada et les Fondations communautaires du Canada (FCC), www.2017debutemaintenant.ca. Twitter #Canada150.
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Avec mon lift, j’arrive à Moncton en traversant le magnifique pont de la Confédération. On s’arrête quelques minutes à l’Université de Moncton pour y déposer quelqu’un. Tout le monde parle français dans l’établissement. Cette visite m’en apprend toute une : je ne savais pas que le Nouveau-Brunswick est la seule province officiellement bilingue au Canada et que 38 pour cent des résidents de Moncton sont francophones.
À la conférence, je suis ravie d’entendre Herménégilde Chiasson, non seulement parce que c’est l’ancien lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick, mais parce qu’il est poète, lui aussi. Il me confie qu’il ne croit pas que les gens aimeront entendre ce qu’il a à dire. Dans son allocution, il exprime son inquiétude à propos de plusieurs choses, notamment quant à la militarisation de l’histoire et de l’identité nationale qui, selon lui, devient une tendance lourde dans le discours public actuel. Les gens dans la salle opinent du bonnet; sa vision libérale des valeurs canadiennes semble partagée par bien des gens ici.
Dans le cadre des ateliers, nul besoin d’organiser des tables « françaises »; il manque toutefois d’animateurs qui parlent français, alors on me recrute. À l’occasion des échanges au sujet de ce que le Nouveau-Brunswick peut faire pour contribuer aux célébrations nationales, j’entends pour une deuxième et une troisième fois un commentaire que j’avais été surprise d’entendre une première fois à Charlottetown : ramenons les gens chez eux. Pour fêter notre pays, un homme suggère qu’on incite tous les Canadiens à retourner visiter leur province natale.
Quand Michael Haan a souligné le fait que la migration des Canadiens d’une province à une autre n’est peut-être pas uniquement une affaire de décisions économiques, cela a fait écho à la tristesse qu’inspire l’exode d’un grand nombre de résidents des Maritimes vers les autres provinces. Margaret-Ann Blaney a touché la même corde sensible lorsqu’elle a parlé du sentiment de fierté que l’on entretient par rapport à notre province, mais qu’il faudrait transposer à l’échelle nationale quand on fait la promotion du Canada à l’étranger.
Je ne suis pas originaire du Nouveau-Brunswick, mais Marc, directeur du Centre culturel Aberdeen, et Émilie, directrice de l’Alliance Française de Moncton, m’accueillent comme si j’étais une des leurs. Ils m’invitent au lancement du livre de Serge Patrice Thibodeau, deux fois lauréat du Prix du Gouverneur général. Ce soir-là, l’auteur lit sa poésie acadienne dans une galerie où sont exposées des sculptures de Colin Lyons : des reproductions délicates de pièces de machinerie qui ont involontairement été endommagées ― certaines étant réduites à un tas de poussières ― durant un long voyage de Kamloops à Moncton.
Un peu plus tard, Marc, Émilie et moi nous rendons à pied prendre un verre au repère des artistes de Moncton, le Laundromat Espresso Bar. En route, on discute de la culture de party de cuisine des Maritimes et de son incidence sur le succès des événements dans la communauté. « Moncton est une ville où tout se passe dans les maisons, explique Émilie. Il y a plein de choses qui se passent, mais ça reste à l’intérieur des maisons et on n’en entend pas parler. » Elle pointe une maison du doigt. « Ici, par exemple, il pourrait y avoir un concert sans qu’on le sache. »
« C’est une maison funéraire, de rétorquer Marc. S’il y a un concert là-dedans, c’est assurément de la musique triste. »
- Sonnet L’Abbé, poète primée et critique culturelle
Sonnet L’Abbé est une poète primée et critique culturelle, Elle enseigne la création littéraire à la faculté d’études créatives et critiques du campus Okanagan de l’Université de la Colombie-Britannique. Elle a amorcé une tournée de deux mois à bord de VIA Rail, histoire de discuter avec les Canadiens à propos de notre pays, 150 ans après le début de la Confédération dans le cadre de la série de conférenceds CANADA 150/2017 Débute maintenant. Ces conférences sont présentées par CBC/Radio-Canada en partenariat avec VIA Rail Canada et les Fondations communautaires du Canada (FCC), www.2017debutemaintenant.ca. Twitter #Canada150.
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L’avion d’Air Canada qui fait le trajet Halifax‒Charlottetown est si petit que l’agent qui m’indique de « m’asseoir où je veux » s’avère être l’un des pilotes. Nous survolons les côtes et leurs nombreux phares, avant de toucher le sol 40 minutes plus tard. Nous sommes accueillis par le calme de l’Î.-P.-É.; pas un chat derrière les comptoirs de location de voitures. Un client, qui n’est de toute évidence pas de la place, commence sérieusement à s’impatienter, mais il n’y a personne pour l’écouter. On est au beau milieu de l’après-midi; aucun taxi à l’horizon. Une voiture se pointe finalement, mais ne dispose pas de compteur. Aucun taxi n’est équipé de compteur ici, m’informe le chauffeur. C’est la culture insulaire.
Au centre-ville, c’est tout aussi calme. On peut parcourir les rues tranquilles en jetant un œil dans les quelques pubs et magasins, y compris dans la boutique d’Anne… la maison aux pignons verts, en à peine une heure. Si vous avez la chance de croiser quelques voitures, elles s’arrêtent pour vous laisser traverser la rue, même si le droit de passage leur revient à un feu vert. En plein cœur de Charlottetown se dresse le Centre des arts de la Confédération. Construit en mémoire des Pères de la Confédération qui se sont réunis en 1864 pour discuter de la création du Canada, l’édifice est l’endroit tout indiqué pour accueillir la prochaine conférence 2017 débute maintenant. Une quarantaine de leaders locaux y sont attendus.
C’est une soixantaine de personnes qui se présentent finalement. Ça aussi, c’est la culture insulaire, paraît-il.
C’est intéressant d’entendre Deborah Apps nous entretenir du même sentier Transcanadien dont nous a parlé Harold Westdal à des milliers de kilomètres de là, soit à Winnipeg. Vraiment, quoi de mieux pour symboliser l’unification du Canada qu’un sentier reliant toutes les provinces? John Rowe nous présente quant à lui l’Î.‑P.‑É. comme « l’île d’entrepreneuriat par excellence », ce qui remet en question l’impression de somnolence et de désuétude que m’ont laissée les lieux à première vue. L’expert en communications Dave Cormier et l’éducatrice Bonnie Stewart renchérissent avec leurs réflexions stimulantes sur les possibilités qu’offrent les réseaux en ligne. Leurs allocutions m’incitent même à voir ma propre vie en ligne comme un outil me permettant de devenir une citoyenne plus active et stratégique.
L’auditoire écoute attentivement. La participation aux ateliers est vigoureuse, car tout le monde ici se prépare à souligner le sesquicentenaire de leur île. En effet, en tant qu’hôte de la rencontre historique de 1864, l’Î.-P.-É. se considère comme le berceau du Canada et célébrera le 150e anniversaire de la conférence de Charlottetown l’an prochain.
Enfin, c’est la guitare de Jowi Taylor, et la charmante interprétation que fait Bruce Rainnie de la chanson « Sonny’s Dream » de Ron Hynes, qui vole la vedette. Charmés par l’aventure de 11 ans qu’a entreprise Taylor pour créer Voyageur, une guitare composée de 64 pièces qui ont chacune un lien avec l’histoire canadienne, les gens font la queue pour être pris en photo avec la guitare. Le projet Six String Nation est une démonstration convaincante de ce que peuvent inspirer la passion et la fierté nationale. Je me sens privilégiée d’être à Charlottetown et de pouvoir ainsi témoigner du plaisir et du caractère exceptionnel des rencontres associées à la célébration de la naissance du Canada.
- Sonnet L’Abbé, poète primée et critique culturelle
Sonnet L’Abbé est une poète primée et critique culturelle, Elle enseigne la création littéraire à la faculté d’études créatives et critiques du campus Okanagan de l’Université de la Colombie-Britannique. Elle a amorcé une tournée de deux mois à bord de VIA Rail, histoire de discuter avec les Canadiens à propos de notre pays, 150 ans après le début de la Confédération dans le cadre de la série de conférenceds CANADA 150/2017 Débute maintenant. Ces conférences sont présentées par CBC/Radio-Canada en partenariat avec VIA Rail Canada et les Fondations communautaires du Canada (FCC), www.2017debutemaintenant.ca. Twitter #Canada150.
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« Les Canadiens français ne se sentent pas coupables, d’affirmer le grand chef Sioui, de la nation huronne-wendat. Ils n’ont rien à se reprocher. Ça rend les négociations plus difficiles pour les Premières Nations du Québec parce qu’ils nous disent “ce n’est pas nous”. C’est pour cette raison que notre nation a voté contre la séparation du Canada à l’occasion du référendum. À l’échelle fédérale, ils reconnaissent davantage que ces choses se sont produites. »
Pour ce qui est de la façon de souligner le 150e anniversaire du Canada, les Québécois à qui j’ai parlé n’ont eu d’autres idées (quand ils en avaient une) que de suggérer d’organiser une grosse fête sur les plaines d’Abraham comme c’est le cas à la Saint-Jean-Baptiste. Le chef Sioui ne se montre pas très intéressé par la formule. Son objectif, c’est d’assurer la mise en place des traités qu’il a travaillé si dur à faire reconnaître. Dans tout ce qu’il me raconte, on dirait qu’il cherche à me désillusionner; peut-être me pense-t-il plus jeune que je ne le suis ou croit-il que les poètes sont nécessairement des idéalistes. « Les chefs ne sont pas tous de bons chefs », me répète-t-il à plusieurs occasions quand j’essaie de lui faire préciser sa vision d’une mise en œuvre réussie. « Les chamans ne sont pas tous de bons chamans. Un bon nombre d’entre nous se livrent à la corruption. Nous ne sommes pas tous blancs comme neige. »
« Donc, vous semblez tout simplement vouloir prendre les décisions qui touchent les ressources naturelles. Le cas échéant, les géants pétroliers sous l’autorité des Peaux-Rouges seront-ils aussi condamnables que sous l’autorité des Blancs? »
« C’est une bonne question, de répondre Konrad Sioui. Ça dépend des chefs en place. Nous ne sommes pas tous purs. »
« Et si on essayait d’imaginer la situation dans sept générations? »
« Il faut être prudent avec ce genre de réflexion. Je me soucie de ce qui se passe au sein de ma nation en ce moment. »
Notre discussion terminée, nous sortons de son bureau. « Un instant », me dit le grand chef; j’attends près de l’ascenseur en regardant une carte de la réserve produite par Ressources naturelles Canada. Konrad Sioui revient avec deux livres : La réaffirmation de l’identité wendate/wyandotte à l’heure de la mondialisation, de Linda Sioui, et De la paix en jachère, un livre de poésie de Louis-Karl Picard-Sioui. Il me reconduit ensuite jusqu’à l’arrêt d’autobus. Si le chef Sioui compte parmi les impurs, il ne le laisse pas voir au volant de sa vieille voiture. Une tresse de foin d’odeur est suspendue à son rétroviseur; quand je lui demande de quoi il s’agit, il me demande si j’ai une voiture. Je réponds que oui. Il enlève la tresse et me la donne.
nos vérités sont tissées dans les méandres
enracinées au cœur de profondes vallées
chéries par les saisons en voyage dans les feuilles
notre âme est ancrée
dans les champs sans fin
dans le bruit du vent
qui siffle un hymne à notre grandeur*
J’attends l’autobus pour retourner dans le Vieux-Québec, où j’ai l’intention de me gâter en allant au restaurant Aux Anciens Canadiens (parce que la nourriture me rappelle ma grand-mère) pour manger une soupe aux pois et une tourtière d’original et de wapiti hors de prix. Je repense au fait que je n’ai pas tiré grand-chose du grand chef Sioui à propos des célébrations du 150e.
« Canada!, s’est esclaffé le chef Siou. C’est un mot iroquoien du Nord. Nous leur avons donné ce mot! Vous leur direz ça. »
*De la paix en jachère. Louis-Karl Picard-Sioui, 2012.
- Sonnet L’Abbé, poète primée et critique culturelle